Le Développement Personnel

Nais de l’alliance immonde de la secte et du capital, voilà qu’arrive le développement personnel. Allié au fantasme entrepreneuriale, il s’est offert une nouvel peau. Car oui, l’idéologie morbide véhiculée par la quantité immense de contenu numérisé est loin d’être neuve. Aujourd’hui, il a pris le parti de la contre-révolution libérale. Mais avant ça, il prospérait dans la secte de la pensée positive, et se vautrait dans les théories les plus infâmes des réactionnaires et autre pensée nationaliste comme le darwinisme social. Bien que ses différentes mû l’ai changé, du moins en apparence, le noyau idéologique reste le même : le mépris du collectif pour mieux se centrer sur son individualité. Alors qu’au départ, il se charge de légitimer la mainmise des dictateurs et des gourous. Aujourd’hui, il s’affaire à détruire la critique de l’ordre économique et à pervertir de pauvres gens, qui auraient pu réellement apporter à la communauté. Mais finissent dans l’enfer du système pyramidal de la vente de formation.

Usant des pires procédé, il fait intégrer à ces mêmes personnes des pratiques, dites méthodes, qui sont censées optimisées le temps des personnes et la rendre meilleure. Voire même la transformer en « la meilleure version de soit ». Mais bien sur tout cela n’est qu’appât pour le réel but, la vente de formation bien plus « détaillée », mais surtout bien plus cher. Que ce soit de manière cynique ou par naïveté, adopter ce modèle absurde est une infamie. En voulant « apporter de la valeur », le développement personnel crée une manière de penser, d’entrevoir les individus et leurs interactions communes. Son public est jeune, car c’est là où la pression sociale est rude, pour s’intégrer, être choisi pour telle étude ou se démarquer lors des premiers entretiens d’embauche. En poussant cette logique de compétition à son paroxysme, il fait de l’individu une véritable entreprise en compétition permanente pour des parts de marché, marché du travail, du diplôme, du réseau, du capital social, et même du sexe. La course est lancée, courent alors les adeptes en dépensant à tout-va. Les vecteurs de cette idéologie sont ces mêmes « créateurs de contenu », en partageant généreusement leur formation, à un prix raisonnable évidemment, il partage en fait de la valeur ajoutée. Celle-ci permettra aux élus crédules, qui se déleste de leurs maigres revenus, d’acquérir plus vite et plus facilement ces mêmes parts de marché. Après avoir exploité ses parents et grands parents, volés leur espérance de vie et leurs richesses, le Capital, dans son cynisme habituel, a saisi l’opportunité de monnayer l’espoir en l’élévation sociale des enfants de prolétaire.

Soyons concis, en faisant de l’individu une entreprise, le développement personnel démontre sa dangerosité. Il détruit le lien social normalement fondé sur la confiance et l’entraide, pour le remplacer par un lien artificiel fondé sur l’intérêt individuel. On ne recherche plus la compagnie de personne fiable et avec laquelle nous disposons d’accointances mutuelles, au contraire le lien n’est là que pour apporter ce que seule une entreprise peut posséder : son capital. En somme au lieu de créer un cercle d’amis, on cherche un réseau pour mieux se hisser au sommet. D’ailleurs de quel sommet parle-t-on ? Car on peut payer, apprendre et appliquer le nombre de méthodes révolutionnaire ,pour bien se réveiller le matin ou « atteindre ses objectifs », que l’on veut, notre origine socio-économique aura toujours la primauté sur l’avenir des individus. Et ce n’est sûrement pas Corentin 24 ans, jeune entrepreneur dynamique et créateur de podcast qui va y changer quoi que ce soit. Si l’on est issue d’un milieu prolétaire, pauvre et souvent avec un capital culturel bien misérable, on n’aura pas la même vie qu’un gosse de bourgeois bien loti et possédant des éditions originales de Baudelaire. C’est ce que l’on appelle une société de classe. Ce qu’évidemment le développement personnel nie par cette seule affirmation « nous avons tous des opportunité, il faut juste savoir les saisir ».

N’ayant vraiment pas envie de m’attarder sur ce sujet qui m’exaspère au plus haut point je vais passer directement à ma conclusion. Le procédé de pénétration de ce mode de pensée est d’autant plus affreux qu’il utilise des procédés psychologiques simples mais efficaces. Le discours porte sur la recherche du bonheur et le postulat que nous sommes des être libres et égaux. Or, nous détaillerons dans l’article consacré au principe de Liberté, les seules libertés qui sont offertes par nos sociétés sont la liberté d’exploiter ou d’être exploité. Le seul bonheur possible est de pouvoir plus ou moins subvenir a ses besoins par son travail. L’individualisation des objectifs, par la création de « projets », et donc des aspirations ne fait que nous rendre inconséquent. Car voilà bien la vérité : seuls, nous ne sommes rien. Rien ! Entends-tu camarade ? Seule nous ne sommes que des êtres faibles, sans cesse en recherche de but personnel, et contraint à courir pour notre survie. C’est ensemble, quand nous formons un groupe avec des aspirations communes, que nous sommes puissants. La seule possibilité de sortir du marasme quotidien, de notre origine sociale, de l’exploitation et de conquérir notre bonheur, c’est le groupe, la communauté. Pour briser les barrières de notre monde, les méthodes payantes sont inutiles, la force du collectif elle est indispensable. Nous en reparlerons dans les articles sur la Lutte et la Révolution Sociale. Pour finir, comme dit si bien l’internationale « Nous ne sommes rien soyons tous ! ».

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